Atelier « Autre langue, autre communication ? »

Véritable succès pour le premier atelier organisé conjointement par WBcom et KORTOM, l’association flamande de la communication publique. C’est en effet près de 100 personnes qui se sont retrouvés ce jeu di 27 février dans les locaux du SPF Emploi.

Trois interventions ont nourri cet atelier : elles ont apporté certaines réponses à l’interrogation du jour mais elles ont aussi suscité d’autres questions et ouvert quelques perspectives.

Béatrice Delvaux, éditorialiste en chef du Soir, a retracé les divers événements qui l’ont conduite à aller plus systématiquement à la rencontre des néerlandophones, pour mieux comprendre leur point de vue et leur vision : la presse francophone vivait trop en vase clos et ne pouvait donc plus refléter valablement la réalité du pays. La presse n’a pas à militer, elle doit relater des faits et surtout offrir des clés de compréhension à ses lecteurs ou auditeurs. C’est donc d’abord l’exercice rigoureux du métier qui impose aux journalistes de ce pays à être à l’écoute de l’autre communauté. Mais aller vers l’autre, et de préférence dans sa langue, une fois que le premier pas est fait, c’est aussi la garantie d’être plus riche des échanges qui vont pouvoir se faire, ces échanges dont il faut s’assurer qu’ils deviennent réguliers. Et qui peuvent se traduire par de véritables collaborations professionnelles : l’opération Nord/Sud de 2007 que le Soir mena avec De Standaard se poursuit avec des rubriques croisées ou des échanges d’exclusivités ! Pour ceux qui doivent communiquer vers les deux communautés, Béatrice Delvaux insiste sur le fait que l’ambition doit se limiter à assurer la qualité de cette communication, jamais de la maîtriser. Ils ne doivent pas non plus être des porte-parole de leur communauté dans l’exercice de leur travail, ou alors uniquement auprès de leurs collègues de l’autre communauté pour réaliser les synthèses nécessaires. Son exposé émaillé d’anecdotes puisées dans ses activités journalistiques et dans ses activités de « jeteuses de pont » a tenu l’auditoire en haleine. Elle confiera enfin son optimisme vis-à-vis des jeunes générations des deux communautés qui  se forgent bien davantage que leurs aînés une culture commune notamment par leur présence assidue sur les médias sociaux.

Tom Theys de Publicis poursuit avec un exposé tonique pour expliquer comment une grande agence de publicité s’accommode de nos différences linguistiques et culturelles. Mais aussi jusqu’à quel point ces différences jouent et au-delà de ces différences ce qui unit encore les Belges des deux communautés. Pour en savoir plus, voir sa présentation qui parle d’elle-même ! Les différences sont réelles et la communication doit s’en ressentir car les ressorts d’efficacité diffèrent. Mais faut-il jouer avec ces différents ressorts dans une même communication pour que celle-ci soit identique pour les deux communautés ou peut-on privilégier des communications formellement différentes afin que les messages atteignent les deux communautés avec les ressorts spécifiques les plus efficaces ? A certains intervenants de la salle qui exprimaient la nécessité pour l’autorité publique d’exprimer un message parfaitement semblable aux deux communautés, Tom Theys opposa sa logique de marketeur en posant que c’est l’effet ou le résultat de la communication qui doit être semblable, plus que la forme.

Joyce Koeman et Chris Sterkens ont terminé en exposant des approches mises en œuvre dans le contexte de la diversité et de la communication interculturelle. C’est en rappelant d’abord les grands principes de la communication que les bonnes pratiques en matière de communication vers des groupes usant d’autres langues et issus d’autres cultures prennent tout leur sens. Leur présentation reprend les grandes lignes de cette démonstration.

La matinée s’est conclu par un échange avec la salle et un sandwich-lunch animés dont il ressort que cette matinée a rencontré l’intérêt des participants (mais que le sujet est loin d’être épuisé) et que cette initiative commune des deux associations vers leur « public commun » est une initiative heureuse qui mérite d’être renouvelée. Une enquête de satisfaction est en cours de réalisation ici. Les résultats et les conclusions qu’en tirent KORTOM et WBcom seront publiés dès que possible.

Bientôt disponible également: une vidéo-souvenir de cette matinee! Quelques photos sont déjà visibles sur ce lien

 

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